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Quelles échéances devez vous tenir pendant votre première année d’activité indépendante ?
La première année d’activité n’est pas une longue ligne droite: elle est jalonnée d’échéances courtes, dont certaines ne se rattrapent pas. Déclarations, options fiscales, exonération de démarrage, déclaration foncière de fin d’année. Voici l’ordre réel des rendez vous administratifs, et ce qu’il faut préparer avant chacun.
Réponse courte: votre première année compte sept rendez vous administratifs, et trois seulement ne se rattrapent pas. La demande d’exonération de début d’activité auprès de l’URSSAF, l’option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu, et la déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises à déposer avant le 31 décembre de l’année de création.
Les quatre autres se tiennent, se corrigent ou se régularisent: la première déclaration de chiffre d’affaires, l’actualisation mensuelle tant que vous restez inscrite, la seconde fraction de l’aide en capital si vous l’avez choisie, la déclaration de revenus du printemps suivant.
Aucune ne se déclenche toute seule le jour de l’immatriculation. Chacune a son guichet et son délai propre. Voici l’ordre réel.
| Moment | Ce qui est attendu | Se rattrape ou non |
|---|---|---|
| Mois zéro | Demande d’exonération de début d’activité auprès de l’URSSAF | Non, le délai court à partir du dépôt de la déclaration de création |
| Premier trimestre | Option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu | Non pour l’année en cours, la demande se reporte à l’année suivante |
| Après le délai de démarrage | Première déclaration de chiffre d’affaires | Oui, avec pénalité de retard |
| Chaque mois | Actualisation France Travail tant que vous êtes inscrite | Oui, mais un oubli suspend le versement |
| Sixième mois | Seconde fraction de l’aide versée en capital, le cas échéant | Oui, sur demande, activité toujours exercée |
| Avant le 31 décembre | Déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises | Non, l’oubli se règle en régularisation l’année suivante |
| Printemps suivant | Déclaration de revenus avec la déclaration complémentaire des indépendants | Oui, dans les conditions de droit commun |
Le mois zéro: la formalité et ce qui ne l’accompagne pas
Le jour où vous validez votre dossier, vous avez fait une chose et une seule: déclarer l’existence de votre activité. Tout le reste attend une démarche de votre part.
Le dépôt au guichet unique
La déclaration de création passe par le guichet unique des formalités des entreprises, tenu par l’Institut national de la propriété industrielle. Vous y indiquez votre activité, votre adresse, votre date de début d’activité et vos options.
Conservez l’accusé de dépôt et le récapitulatif dans un dossier numérique daté. Ce sont les pièces que l’on vous redemandera à chaque relance.
Les demandes à déposer séparément
Trois démarches suivent, chacune de son côté, dans les jours qui suivent le dépôt.
- la demande d’exonération de début d’activité auprès de l’URSSAF, à déposer au moment de la déclaration de création ou dans les quarante cinq jours qui suivent;
- la souscription de votre assurance de responsabilité civile professionnelle, qui doit exister avant la première prestation et non avant la première facture;
- la déclaration de votre création à France Travail, lors de l’actualisation qui suit, si vous êtes inscrite.
Cette exonération de début d’activité, désignée par le sigle ACRE, ne se demande pas deux fois. Passé le délai, vous cotiserez au taux plein dès le premier encaissement, sur toute votre première année.
Le premier trimestre: options fiscales et première déclaration
Les trois premiers mois concentrent des décisions fiscales à durée de vie courte. Elles se prennent avant d’avoir encaissé quoi que ce soit, ce qui est déstabilisant, mais c’est ainsi que le calendrier est fait.
L’option de versement libératoire et sa date limite
Le versement libératoire permet de payer l’impôt sur le revenu en même temps que les cotisations, sous forme d’un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Pour l’année de création, l’option se demande à l’URSSAF au plus tard le dernier jour du troisième mois qui suit celui de la création.
Avant de la retenir, vérifiez la condition de revenu fiscal de référence de votre foyer, appréciée sur une année antérieure. Et retenez le point qui fâche: ce prélèvement s’applique dès le premier euro encaissé, sans regarder la situation fiscale d’ensemble de votre foyer.
La première déclaration de chiffre d’affaires, décalée
Beaucoup de créatrices guettent une déclaration dès le mois suivant. Elle n’arrive pas. La première déclaration de chiffre d’affaires intervient après un délai de démarrage d’au moins quatre vingt dix jours, et porte alors sur toute la période écoulée depuis le début d’activité.
Conséquence directe sur votre trésorerie: le premier prélèvement de cotisations couvre plusieurs mois d’un coup. Si vous n’avez rien mis de côté, cette première échéance fait mal, alors qu’elle était parfaitement prévisible.
Le rythme mensuel: actualisation, encaissements, mise de côté
Une fois les options posées, la première année devient une routine d’une heure par mois, toujours dans le même ordre.
L’actualisation France Travail tant que vous êtes inscrite
Tant que vous restez inscrite comme demandeuse d’emploi, vous vous actualisez chaque mois dans la fenêtre ouverte à la fin du mois. Vous y déclarez votre activité et les rémunérations perçues.
Déclarez ce que vous avez réellement encaissé, pas ce que vous avez facturé. Une déclaration approximative se solde par une régularisation quelques mois plus tard, au moment où votre trésorerie est la plus tendue.
La règle de la mise de côté dès l’encaissement
Le jour où une cliente vous règle, virez immédiatement sur un second compte la part destinée aux cotisations et à l’impôt. Pas à la fin du mois, pas au moment de la déclaration: le jour même.
C’est la seule habitude qui protège vraiment une première année. Le chiffre d’affaires encaissé n’est pas votre revenu, et l’argent déjà dû ne doit jamais avoir l’occasion de ressembler à de l’argent disponible. Le calcul poste par poste est détaillé dans le chiffrage complet des douze premiers mois en euros et en heures.
Le sixième mois: le vrai point de bascule
Le sixième mois réunit une échéance administrative, un premier recul chiffré et, souvent, une fatigue qui n’avait pas été anticipée.
La seconde fraction du versement en capital, le cas échéant
Si vous avez opté pour l’aide versée en capital, l’ARCE, la seconde fraction intervient six mois après la première, sur justification que vous exercez toujours votre activité. Elle n’est pas automatique.
Notez cette date dès le versement de la première fraction, avec le justificatif attendu. C’est une somme que des créatrices oublient de réclamer.
Le premier arbitrage sur les tarifs
À six mois, vous avez enfin des chiffres réels. Prenez une heure et écrivez trois lignes seulement: recettes encaissées depuis le début, heures réellement facturées, trésorerie restante.
Ces trois nombres suffisent à trancher. Si le rapport entre recettes et heures vous décourage, le problème est le tarif ou l’offre, jamais votre énergie.
Avant la fin de l’année civile: la déclaration foncière
Voici l’échéance la plus oubliée, parce qu’elle ne concerne ni l’URSSAF ni France Travail, et que rien ne vous la rappelle.
La déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises
La déclaration initiale de cotisation foncière des entreprises se fait au moyen du formulaire 1447-C-SD, à déposer au plus tard le 31 décembre de l’année de création, auprès du service des impôts des entreprises dont vous dépendez.
Vous y déclarez votre adresse d’exercice et votre activité. Une créatrice qui travaille depuis son domicile la doit autant qu’une créatrice installée dans un local. Les modalités figurent sur le site de la direction générale des finances publiques.
Ce que change l’exonération de l’année de création
L’année de création est exonérée de cette cotisation. C’est précisément ce qui fait oublier la déclaration: comme il n’y a rien à payer, on croit qu’il n’y a rien à faire.
Or l’exonération porte sur la cotisation, pas sur la formalité. La déclaration reste due, et son absence se paie l’année suivante, sous forme d’une imposition établie sans tenir compte de votre situation réelle, puis d’une réclamation à monter.
Le printemps suivant: déclaration de revenus et bilan personnel
Au printemps qui suit, votre activité entre pour la première fois dans la déclaration de revenus du foyer. C’est aussi le moment d’un point honnête.
La déclaration complémentaire des revenus indépendants
Vos recettes se portent sur la déclaration complémentaire des professions non salariées, le formulaire 2042-C-PRO, jointe à votre déclaration de revenus habituelle. Vous y reportez le chiffre d’affaires encaissé, sans déduire vos dépenses: l’abattement forfaitaire s’applique ensuite.
Le traitement diffère selon l’option retenue au démarrage. Si vous avez choisi le versement libératoire, les recettes se déclarent dans une rubrique distincte, puisque l’impôt correspondant a déjà été prélevé au fil de l’année.
Le bilan des douze mois écoulés
Écrivez sur une seule page ce que l’année a produit: revenu dégagé, heures travaillées, clientes revenues, ce que vous refuseriez de refaire.
Ce document vous servira plus qu’un tableau de bord: il vous rappellera, l’année suivante, ce que vous pensiez vraiment.
Le douzième mois: fin d’exonération et remise à plat
Le douzième mois n’a rien d’un anniversaire symbolique: c’est celui où le montant prélevé sur chaque encaissement change.
Ce qui change quand l’exonération de démarrage s’achève
L’exonération de début d’activité couvre votre première année. Quand elle s’arrête, le taux appliqué à votre chiffre d’affaires remonte à son niveau normal, sans que vos tarifs bougent d’eux mêmes.
Si vous attendez de constater la baisse sur votre compte pour réagir, vous corrigerez avec plusieurs mois de retard. Le bon geste est d’ajuster vos tarifs avant l’échéance, sur les devis à venir, pas sur les prestations déjà vendues.
Les trois décisions à réexaminer
- le niveau de vos tarifs, au regard du taux de prélèvement complet et de vos heures non facturables;
- la périodicité de vos déclarations, mensuelle ou trimestrielle, selon la régularité réelle de vos encaissements;
- la pertinence de la forme juridique choisie, à discuter avec une comptable si vos dépenses professionnelles ont pris du poids.
Ces trois décisions se prennent avec des chiffres, pas avec des impressions. Les rendez vous administratifs qui vont évoluer dans les prochains mois sont recensés dans le point sur les évolutions administratives qui attendent les futures indépendantes.
Votre première année n’est donc pas un long tunnel administratif: c’est une suite de rendez vous courts, dont trois seulement sont irrattrapables et se situent tous dans les premiers mois ou en fin d’année civile. Une fois ces dates posées, le reste devient une routine d’une heure par mois. Le déroulé des semaines qui précèdent est reconstitué dans la chronique des quatre vingt dix jours qui séparent la rupture conventionnelle de la première facture.
C’est ce calendrier que tient le carnet de transition de Rebondia, avec les alertes de chronologie et le rappel des échéances propres à votre situation. Pour voir votre première année posée date par date, demandez une démonstration du calendrier Rebondia sur votre date de début d’activité.
Passer à votre calendrier
Votre situation mérite une frise de dates, pas une règle générale
Rebondia reprend votre situation de départ, vos échéances et vos droits pour poser un rétroplanning de quatre vingt dix jours, dans l’ordre qui protège vos décisions jusqu’à l’immatriculation.
Auteur de cet article
Jimenez Julien
Fondateur de MLJ, il conçoit Rebondia à partir des dossiers de femmes qui préparent leur passage du salariat, du chômage ou d’un congé vers une activité indépendante. Il travaille au quotidien sur l’ordre des démarches France Travail, URSSAF et guichet unique, et sur les dates qui ne se rattrapent pas.
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