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Combien coûtent vraiment les douze premiers mois d’activité, en euros et en heures ?
Le budget de lancement d’une reconversion tient rarement dans une ligne de dépenses. Il y a ce que l’on prélève sur chaque encaissement, ce que l’on paie même sans recette, ce que coûtent les heures non facturables et ce que l’on perd en protection sociale. Voici le chiffrage complet, poste par poste, à remplir avec vos propres montants.
Réponse courte: une première année coûte cinq choses, et une seule figure sur les simulateurs. Un pourcentage prélevé sur chaque euro encaissé, un socle de dépenses fixes que le régime micro ne déduit pas, des heures travaillées et jamais facturées, une protection sociale incomplète au démarrage, et du temps administratif qui n’est payé par personne.
Résultat: le chiffre d’affaires que vous devez atteindre n’est pas votre revenu minimal nécessaire augmenté de quelques pour cent. Il en est nettement éloigné, et cet écart se calcule à l’avance, en une soirée, avec vos propres montants.
Voici les cinq postes, dans l’ordre où ils entament vos recettes, puis la méthode pour remonter du revenu dont votre foyer a besoin au chiffre d’affaires mensuel à encaisser.
| Poste | Sur quoi il se calcule | Où vous le lisez |
|---|---|---|
| Cotisations sociales | Un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé, selon la nature de l’activité | Votre compte URSSAF, à chaque déclaration |
| Impôt sur le revenu | Le barème après abattement forfaitaire, ou le versement libératoire | Votre avis d’imposition, ou vos prélèvements mensuels |
| Dépenses fixes | Des montants en euros, indépendants de vos recettes | Vos relevés bancaires professionnels |
| Heures non facturables | Le rapport entre heures travaillées et heures vendues | Votre agenda, relu à la fin de chaque semaine |
| Protection sociale | Ce qui n’est pas couvert au démarrage et ce que vous choisissez d’assurer | Vos contrats et votre relevé de carrière |
Ce que l’on prélève sur chaque euro encaissé
C’est le poste le plus sous estimé, parce qu’il ne ressemble à rien de connu: sur une fiche de paie, le net apparaît en bas. En micro entreprise, le brut et le net se confondent sur votre compte bancaire.
Cotisations calculées sur le chiffre d’affaires, pas sur le bénéfice
Sous le régime micro, les cotisations sociales s’obtiennent en appliquant un pourcentage au chiffre d’affaires réellement encaissé, selon la nature de l’activité. Vos dépenses professionnelles n’entrent pas dans ce calcul.
Une conséquence à intégrer tout de suite: un mois où vous achetez du matériel coûteux ne réduit en rien vos cotisations de ce mois. Vous cotisez sur ce que la cliente vous a versé, pas sur ce qui vous reste.
Une seconde conséquence, plus douce: un mois sans encaissement ne génère pas de cotisation. C’est ce qui rend ce régime supportable au démarrage, et trompeur quand l’activité monte.
L’impôt sur le revenu, selon l’option retenue
L’impôt s’ajoute, et il se calcule de deux façons. Par défaut, l’administration applique à vos recettes un abattement forfaitaire censé représenter vos frais, puis intègre le reste aux revenus de votre foyer: cet abattement est de trente quatre pour cent pour les bénéfices non commerciaux et de cinquante pour cent pour les prestations de services commerciales, dans les conditions posées par les articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts publiés sur Legifrance.
Si vous avez opté pour le versement libératoire, l’impôt devient un pourcentage supplémentaire prélevé en même temps que les cotisations. Simple à suivre, mais dû dès le premier euro encaissé, y compris une année où votre foyer n’aurait pas été imposable.
Posez ces deux lignes en pourcentage, en haut de votre feuille, avant toute autre dépense. Tout le reste du calcul se fait sur ce qui subsiste.
Les dépenses fixes que le régime micro ne déduit pas
Vient ce que vous payez, que le téléphone sonne ou non. Ce socle existe avant la première cliente.
Assurance, outils, déplacements, documentation
- l’assurance de responsabilité civile professionnelle, dont la prime tombe que vous ayez des clientes ou non;
- le téléphone, la connexion, un ordinateur qui tient la charge;
- les déplacements de prospection, souvent non remboursés et rarement comptés;
- l’hébergement d’un site, une adresse de messagerie professionnelle, un outil de facturation;
- une formation courte, une documentation à jour, l’adhésion à un réseau d’accompagnement.
Chiffrez ce socle en euros par mois, pas en euros par an: c’est ainsi qu’il pèse sur votre trésorerie. Et rappelez vous qu’en régime micro, aucune de ces lignes ne vient en déduction du calcul de vos cotisations ni de votre impôt.
C’est le point qui change complètement la lecture d’un tarif. Deux cents euros facturés ne deviennent pas deux cents euros disponibles, ni même le reste après prélèvement: il faut encore que le socle du mois soit couvert.
La cotisation foncière à partir de la deuxième année
L’année de création est exonérée de cotisation foncière des entreprises. La deuxième année, elle apparaît, sous forme d’un avis à régler en fin d’année, avec un montant minimal fixé par votre commune.
Provisionnez la dès la première année, même si vous ne la payez pas encore. Une exonération existe pour les chiffres d’affaires très faibles, mais compter dessus revient à parier sur une année médiocre. Le calendrier complet de cette formalité est détaillé dans le calendrier des échéances de la première année d’activité indépendante.
Le coût des heures non facturables
C’est le poste le plus lourd de la première année, et le seul qui n’apparaît sur aucun relevé bancaire. Il se mesure en heures, et il se paie en revenu manquant.
Prospection, devis, relances, déplacements
Une journée type de démarrage contient très peu d’heures vendues. Elle contient des appels, des cafés qui ne donnent rien, des devis restés sans réponse, une refonte de votre présentation, un trajet aller retour pour un rendez vous de quarante minutes.
Ajoutez la relance des impayés, qui devient une compétence à part entière, et le temps passé à rassurer votre entourage.
Le ratio d’heures vendues sur heures travaillées
Tenez pendant quatre semaines une feuille à deux colonnes: heures travaillées, heures facturées. Additionnez, puis divisez. Ce ratio vous en dira plus sur votre revenu à venir que n’importe quelle projection.
Prenons un exemple à recalculer avec vos chiffres. Une consultante qui vend son heure cent euros mais ne facture qu’une heure sur trois gagne, en réalité, l’équivalent de trente trois euros par heure travaillée, avant prélèvements et avant dépenses fixes. Le tarif affiché n’était pas le sujet.
Ce ratio s’améliore, à condition d’être mesuré. Sinon il se dégrade sans que l’on comprenne pourquoi les journées sont pleines et le compte vide.
Le coût de la protection sociale, maintenant et plus tard
Ce poste ne coûte rien tant que rien n’arrive. C’est précisément ce qui le rend dangereux à ignorer entre quarante et soixante ans.
Arrêt de travail: la durée d’affiliation exigée
L’ouverture du droit aux indemnités journalières des travailleuses indépendantes suppose une durée minimale d’affiliation, d’un an, et un niveau de revenu annuel moyen minimal. Autrement dit, vos premiers mois se déroulent sans ce filet, et les conditions applicables sont détaillées sur le site de l’assurance maladie pour les travailleurs indépendants.
Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer. Cela veut dire qu’une prévoyance individuelle mérite d’être étudiée et chiffrée avant l’immatriculation, et non le jour où une opération est programmée.
Retraite: la validation de trimestres liée au chiffre d’affaires
En micro entreprise, la validation de trimestres de retraite dépend du chiffre d’affaires encaissé dans l’année, avec des seuils différents selon la nature de l’activité. Une année très calme peut ne valider aucun trimestre.
À votre âge de reconversion, cette ligne compte autant que la trésorerie du mois. Demandez votre relevé de carrière avant de vous lancer, et regardez combien de trimestres il vous manque réellement.
Le coût du temps administratif, en heures réelles
Le temps passé avec les organismes est du travail. Non payé, mais du travail, à intégrer au tarif plutôt qu’à subir le dimanche soir.
Les heures de démarches avant la première recette
Comptez, avant même d’encaisser: la reconstitution de vos droits, les rendez vous avec votre conseillère, la comparaison des scénarios de statut, la préparation puis le dépôt de la formalité, l’ouverture de vos accès déclaratifs, la souscription des assurances.
Chacune de ces étapes tient en une à trois heures. Mises bout à bout, elles occupent plusieurs journées complètes, réparties sur des semaines. Le déroulé semaine par semaine figure dans le récit des quatre vingt dix jours entre la rupture conventionnelle et la première facture.
La routine mensuelle une fois lancée
Une fois l’activité démarrée, la routine se stabilise: relevé des encaissements, actualisation tant que vous êtes inscrite, déclaration du chiffre d’affaires, édition des factures, relance des règlements en retard, tenue du livre des recettes.
Ce livre, tenu chronologiquement avec le montant, l’origine et le mode de règlement de chaque encaissement, est obligatoire. Tenu au fil de l’eau, il prend quelques minutes. Reconstitué en fin d’année, il gâche un week end entier.
Assembler le tout: du revenu minimal au chiffre d’affaires à atteindre
Le calcul se fait à l’envers de ce que l’on croit. On ne part pas du tarif, on part de ce dont votre foyer a besoin pour vivre.
Calculer le revenu minimal nécessaire du foyer
Prenez vos douze derniers mois de dépenses réelles, pas un budget théorique, et séparez deux colonnes: ce qui tombe quoi qu’il arrive, et ce qui se réduit en cas de mois difficile. Seule la première colonne compte ici.
Déduisez ensuite les ressources du foyer indépendantes de votre activité. Le solde est votre revenu minimal nécessaire: ni votre ancien salaire, ni votre niveau de vie d’avant, seulement le plancher au dessous duquel la maison ne tient plus.
Remonter au chiffre d’affaires mensuel correspondant
- partez de votre revenu minimal nécessaire mensuel;
- ajoutez votre socle de dépenses fixes du mois;
- divisez le total par la part qui vous reste après cotisations et impôt;
- vérifiez que le nombre d’heures vendues correspondant tient dans votre semaine, compte tenu de votre ratio d’heures facturables.
Si la quatrième ligne ne tient pas, deux leviers seulement: relever le tarif ou changer la forme de l’offre. Travailler davantage n’en est pas un.
Les douze premiers mois coûtent donc un pourcentage de chaque encaissement, un socle de dépenses non déductibles, une majorité d’heures non vendues, une couverture sociale incomplète et plusieurs journées de démarches. Chiffrés à l’avance, ces cinq postes cessent d’être des mauvaises surprises et deviennent un budget. Chiffrés après coup, ils s’appellent une erreur de calcul.
Le choix de financement qui accompagne ce budget, allocation mensuelle maintenue ou versement en capital, est comparé dans le comparatif entre ARE mensuelle, ARCE en capital et attente.
Ce chiffrage est celui que déroule le budget personnel de sécurité de Rebondia, sur douze mois, avec le calcul du revenu minimal nécessaire et la simulation du reste à vivre. Pour obtenir votre propre tableau, demandez une démonstration de Rebondia avec vos montants et votre durée de sécurité.
Passer à votre calendrier
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Rebondia reprend votre situation de départ, vos échéances et vos droits pour poser un rétroplanning de quatre vingt dix jours, dans l’ordre qui protège vos décisions jusqu’à l’immatriculation.
Auteur de cet article
Jimenez Julien
Fondateur de MLJ, il conçoit Rebondia à partir des dossiers de femmes qui préparent leur passage du salariat, du chômage ou d’un congé vers une activité indépendante. Il travaille au quotidien sur l’ordre des démarches France Travail, URSSAF et guichet unique, et sur les dates qui ne se rattrapent pas.
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